Be-poles Paris & NY : le studio qui fait du branding comme de l’architecture

Depuis sa création en 2001, be-poles occupe une place à part dans le paysage créatif parisien. Installé rue Beaubourg, en face du Centre Pompidou, le studio fondé par Antoine Ricardou et Clémentine Larroumet affiche une ambition claire dans sa tagline : Paris & NY — We do branding and architecture. Une formule qui résume mieux qu’un long discours ce que be-poles fait vraiment : construire des marques solides, du logo jusqu’aux murs.

Un studio né de la rencontre entre architecture et graphisme

Antoine Ricardou est architecte de formation, mais c’est en Australie, lors de sa cinquième année d’études en programme d’échange, qu’il découvre un autre modèle. Là-bas, architectes, paysagistes, designers industriels et graphistes partagent le même campus. Il suit un master en design et communication en parallèle. Clémentine Larroumet, elle, vient de l’édition. Ensemble, ils fondent be-poles avec une conviction simple : la marque prime sur le média.

Cette complémentarité donne au studio une capacité rare : dessiner des volumes autant que des surfaces planes. L’architecture d’intérieur et le design graphique ne sont pas deux services séparés, ils relèvent d’une même écriture. Antoine Ricardou l’a formulé lui-même : « Quand c’est trop designé, les futurs clients de la marque vont le sentir. » Le studio défend un « no-design » — minimaliste, intemporel, fonctionnel. En seize ans d’existence, aucun client n’avait redessiné sa marque.

Des projets qui façonnent des marques de A à Z

Espace de coworking moderne et lumineux avec des bureaux partagés et des fauteuils confortables.

Le tournant arrive en 2012 avec l’hôtel NoMad à New York. Be-poles prend en charge l’identité visuelle, met Maison Kitsuné en contact avec l’hôtel, couvre les murs de photographies, puis Jacques Garcia lui demande d’habiller l’espace entier. La méthode se confirme : écouter, proposer, livrer un projet complet.

Lire  Comment se débarrasser des punaises de lit à Paris en 3 étapes ?

Parmi les collaborations emblématiques du studio :

  • Le Pigalle (Paris, 2015) : Antoine Ricardou aide l’hôtelier Valéry Grégo à écrire sa signature, composer son équipe créative, chiner les objets. Deux ans de travail.
  • Merci : be-poles pose l’identité visuelle du concept-store du 3e arrondissement avec la famille Cohen.
  • Maison Plisson et Cyril Lignac : deux adresses food parisiennes dont be-poles construit l’univers de marque.
  • La.Salle.de.Sport Reebok (Paris, 2017) : premier projet « total » du studio, architecture comprise.
  • Le Barn (forêt de Rambouillet) : trois hangars d’un haras transformés en hôtel, du logo aux espaces.

En 2017, le studio emploie 14 personnes à Paris et 4 à New York, réalise plus de 50 projets par an et dépasse les 3,5 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Be-poles, une marque qui devient elle aussi un objet de désir

La chose la plus étonnante chez be-poles, c’est peut-être ce qui n’était pas prévu. Le Sac en Papier — un sac brun kraft portant le nom de ce qu’il contient, créé pour emballer les projets envoyés aux clients — se retrouve un jour dans la boutique Merci, repéré par Marie-France Cohen. Puis dans des concept-stores à Buenos Aires et New York. Le sac, né sans aucune arrière-pensée commerciale, incarne la philosophie du studio : fonctionnel d’abord, désirable par accident.

Même trajectoire pour les Portraits de villes, carnets de voyage illustrés confiés au départ au frère d’Antoine et à la sœur de Clémentine. La collection prend de l’ampleur avec des artistes comme Philippe Chancel (Dubaï) ou Harry Gruyaert (Moscou). India Mahdavi signe le volume consacré à Téhéran. « Les artistes nous proposent les villes qu’ils veulent couvrir, nous fonctionnons comme une maison de disques », explique Ricardou. Be-poles devient ainsi une marque éditrice, sans l’avoir cherché.

Lire  Comment dénoncer une sous-location illégale à Paris ?

Be-poles rebaptisé Saint-Lazare : la suite logique

Discret depuis ses débuts, le studio a continué d’avancer sans chercher à se mettre en scène. Le compte Instagram annonçait la couleur : « be-poles is now @saintlazareparisnyc ». Le studio poursuit sous le nom Saint-Lazare, une évolution cohérente avec sa façon de travailler — sans performance, sans rupture bruyante. La même écriture, Paris et New York, sous un nouveau nom.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *